mardi 11 décembre 2018

Impunité policière

Gilets Jaunes. Un homme en fauteuil roulant poussé par terre par des gendarmes

Alors que partout dans les médias, on félicite les forces de répression qui auraient « maintenu l’ordre » dans le calme et le professionnalisme, les vidéos et les images qui inondent les réseaux sociaux montrent un déchaînement des violences policière partout dans le pays contre les Gilets Jaunes.
Dans cette vidéo, qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux depuis hier, on voit des gendarmes humilier et pousser par terre un homme en fauteuil roulant lors d’une des manifestations des Gilets Jaunes ce samedi.
A travers la succession de ces vidéos de violences et d’humiliation, on voit que l’objectif des forces de répression, est bien de terrifier l’ensemble des manifestants pour les dissuader de continuer à se mobiliser. Une stratégie passant par des violences extrêmes, comme le fait de tirer au flash-ball à bout portant sur les manifestants, engendrant des mutilations irréversibles – œils crevés, joues arrachées, organes perforés… - mais aussi par des humiliations systématiques.
En témoigne cette vidéo, la vidéo des lycéens de Mantes-la-Jolie que les policiers ont obligé à rester à genoux, les mains derrières la tête pendant plusieurs heures, ou encore les témoignages des lycéens sortant de garde à vue, racontant les insultes sur leurs physiques, etc. On voit ici que ceux qui subissent le plus ces humiliations, insultes et violences, de la part de ces forces de police réactionnaires, sont bien-sûr les plus opprimés, personnes racisées, femmes, minorités de genre et personnes handicapées.
Qui, en voyant cette vidéo, pourrait encore croire la propagande sur la nécessité d’arrêter des Gilets Jaunes « venus pour casser et tuer » comme l’a déclaré l’Élysée ? La vidéo montre au contraire l’inanité du discours de la presse dominante et du gouvernement, selon lesquels les policiers auraient maintenu l’ordre en ne s’en prenant qu’aux soi-disant « casseurs ». En réalité, la police est prête à s’en prendre à un homme handicapé, et à le violenter gratuitement, et le discours de division entre bons et mauvais manifestants ne vise qu’à légitimer les violences qui s’abattent sur l’ensemble des Gilets jaunes et de leurs soutiens.

http://www.revolutionpermanente.fr/Gilets-Jaunes-Un-homme-en-fauteuil-roulant-pousse-par-terre-par-des-gendarmes

jeudi 6 décembre 2018

Gilets jaunes: Un antisémite atterrit en Une de Paris Match

Hervé Ryssen, en gilet jaune, s'est retrouvé sur la couverture de l'hebdomadaire.

GILETS JAUNES - Paris Match a mis ce jeudi 6 décembre en Une, sans savoir qui il était, un "gilet jaune" qui s'est avéré être l'auteur antisémite Hervé Ryssen, face à un gendarme mobile, une couverture jugée "consternante" par la Licra.
Sur la photo prise par une photographe d'agence pendant la manifestation parisienne de samedi, le militant d'extrême droite en "gilet jaune", de profil, porte un drapeau tricolore et discute avec un gendarme mobile casqué devant l'Arc de Triomphe.
"Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi!", s'est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) sur les réseaux sociaux. Hervé Lalin (dit Ryssen), ex-membre du Front National, a été condamné à de la prison à plusieurs reprises pour des messages antisémites, sur les réseaux sociaux, son blog ou dans ses livres. La veille dans la soirée il s'était félicité d'apparaître sur l'hebdomadaire.
"La photographie a été choisie comme emblématique de la journée violente du samedi 1er décembre", a répondu le directeur de la rédaction de Paris Match, Olivier Royant dans un communiqué. "Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n'étaient pas en mesure de recueillir l'identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants", souligne-t-il.
"Cette photographie fortuite révèle néanmoins l'infiltration du mouvement des gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l'ultra-droite. C'est ainsi que cet individu s'est retrouvé en couverture de notre magazine", poursuit Olivier Royant, rappelant que le magazine du groupe Lagardère combat "sans ambiguïté(...) toutes les formes de racisme et d'antisémitisme".
"Tout le monde l'avait identifié, sauf Paris Match, apparemment", a condamné l'historien de la presse Christian Delporte sur Twitter." En toute responsabilité, (...) ce numéro devrait aller au pilon". "Les gilets jaunes auront donc permis à un négationniste antisémite, admirateur de Faurisson, de faire la couverture de Paris-Match par effraction", a regretté de son côté la reporter du Monde Ariane Chemin.

https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/06/gilets-jaunes-un-antisemite-atterrit-en-une-de-paris-match_a_23610511/?utm_hp_ref=fr-homepage

Panique à l'Elysée

Hausse des taxes annulée : le gouvernement recule, amplifions la mobilisation pour obtenir tout !

Alors que mardi, Philippe a affirmé qu'il y aurait un moratoire de six mois sur la hausse de ces taxes, devant les députés, il a expliqué que le gouvernement renoncerait définitivement à la hausse des taxes sur les carburants s'il ne trouvait pas les "bonnes solutions". Macron clarifié la situation : l'augmentation n'est pas "suspendue, ni différée", mais bien "annulée", précise l'Elysée.

Si la question du moratoire avait été pris comme une provocation par la grande majorité des gilets jaunes, le gouvernement est bien obligé d’effectuer le véritable premier recul du quinquennat. Signe que le soulèvement des gilets jaunes est en train de percuter l’exécutif. Et plus encore qu’il paie.
Mais il ne faut pas se méprendre. Si l’objectif cède, c’est bien parce qu’il a encore beaucoup plus à perdre. Son objectif, calmer les gilets jaunes et diviser le mouvement avant d’atteindre un point de non-retour. En effet, au vu de l’élargissement des revendications, que ça soit sur les questions démocratiques (qui se cristallisent dans le slogan « Macron démission » scandé dans toute la France), que ça soit sur la vie chère, sur les retraites, l’ISF, le pouvoir d’achat, une annulation de la hausse de la taxe carburant est un recul bien faible en rapport à la colère grandissante des gilets jaunes.
Le gouvernement a par ailleurs affirmé qu’il ne rétablirait pas l’ISF et ne cèderait rien de son quinquennat et des nombreuses contre-réformes. Son objectif est bien d’en finir avec le mouvement, pour continuer ses contre-réformes, celle des retraites et de la casse de l’assurance chômage. Macron et sa clique n’ont décidément pas l’intention de prêter attention à ces revendications, ce dont il s’agit c’est de sauver sa peau et son quinquennat.
Si Macron recule, pour de vrai, cette fois-ci, pour la première fois sur une de ses réformes, c’est bien qu’il se sent acculé. Il est donc temps de passer à l’étape supérieure pour obtenir tout ! Il s’agit d’aller vers la grève générale et de bloquer non plus les rond-points mais l’ensemble du pays, l’ensemble de l’économie, afin d’en finir avec Macron et son gouvernement des riches.

http://www.revolutionpermanente.fr/En-Direct-Hausse-des-taxes-annulee-le-gouvernement-recule-amplifions-la-mobilisation-pour-obtenir

« Le moment n’est plus à l’opposition politique »

Macron et Philippe en appelle à « l’union sacrée » contre les gilets jaunes

Annulation de la hausse de la taxe du carburant pour 2019, consultation locale dans les prochains mois, les quelques « miettes » lâchées ne suffiront pas à apaiser la mobilisation des gilets jaunes et leur préparation de l’Acte IV. Et le gouvernement le sait. Sa nouvelle carte ? Assurer que « c’est la République qui est attaquée ». Et que les oppositions syndicales et politiques doivent se plier.

Yano Lesage
mercredi 5 décembre
Crédits photos : Photo Geoffroy VAN DER HASSELT. AFP
Le ton était martial et solennel. A deux reprises, mercredi 5 décembre, par la voix du porte-parole de l’Elysée, Benjamin Griveaux, puis du premier ministre, Edouard Philippe, le gouvernement a appelé les corps intermédiaires, - « forces politiques, forces syndicales et patronat » – et les gilets jaunes à prendre leur « responsabilité » : ne pas manifester samedi prochain.
Du carnaval de gilets fluo aux ennemis de la République
« Le moment n’est plus à l’opposition politique » a lancé Benjamin Griveaux en début d’après-midi. « Certains [gilets jaunes] veulent attaquer la République ». De grognons sympathiques dont le gouvernement assurait « comprendre la colère » il y a à peine quelques semaines, les gilets jaunes sont donc devenus, aux yeux du gouvernement, des ennemis de la République.
Avant le 17 novembre, le gouvernement les regardait avec une sorte de mépris inquiet, presque amusé de la tournure « carnavalesque » d’une France teintée de jaune aux entournures de ronds points, dont les revendications – la baisse des taxes – pouvaient encore être se soumettre à une lecture pro-Start-Up Nation. On s’en rappelle : les forces de l’ordre, nous rassurait le gouvernement, étaient alors présentes pour « protéger les manifestants ». Mais le glissement s’est fait très rapidement, au lendemain de l’Acte II de la mobilisation qui prend alors une nouvelle ampleur. La Macronie cherche maintenant à instiguer la division, ce poison déjà déversé durant la loi Travail et le 1er mai 2018 : voici venu le temps de l’opposition entre « mauvais casseurs » et « gentils manifestants »… sans grand succès. Au lendemain du 1er décembre, nouveau changement de braquet. C’est désormais la République qui est attaquée et l’ensemble des gilets jaunes qui sont délégitimés. Le seul bon gilet jaune qui reste est un gilet jaune « raisonnable ». Entendez, un gilet jaune qui se soumet au gouvernement en refusant d’exercer ses droits démocratiques et n’ira pas manifester.
Rejouer l’Union sacrée
Outre la criminalisation des gilets jaunes entonné par Benjamin Griveaux, Edouard Philippe a donné un second coup de tonnerre à destination de l’opposition. « La démocratie représentative est menacée » déclare-t-il en ouverture de son discours devant l’assemblée. Et sa clôture sonne comme une mise en garde : « tous les acteurs publics seront comptables de leur déclarations dans les jours qui viennent », a-t-il menacé.
En appelant les oppositions syndicales et politiques à la « responsabilité », le chef du gouvernement tente de rejouer l’Union Sacrée. Il cherche à ce que l’ensemble des partis fassent front derrière le gouvernement, à mettre de côté leurs oppositions politiques. Cette formule jouée au lendemain des attentats du 7 janvier et du 13 novembre 2015, pour la défense de la « République », ou durant la première guerre mondiale, pour celle de la « nation », donne un signe de l’ampleur du désarroi dans lequel la majorité gouvernementale est plongée. Une majorité qui n’hésite plus à employer un discours propre aux temps de guerre donc, à l’encontre de sa population et des classes laborieuses qui ont fait irruption dans la mobilisation des gilets jaunes : « Aux factieux, aux casseurs, nous leur ferons face et nous serons intraitables »
Une stratégie de la tension vacillante
« Le président a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain », a rapporté Benjamin Griveaux. Un appel au secours étonnant de la part d’un gouvernement qui balaye et balade depuis 18 mois les corps intermédiaires – à l’exception du patronat dont les revendications ont été rapidement exaucées (loi pacte et plusieurs milliards d’exonérations de cotisations, suppression de l’Impôt sur la Fortune et Flat Tax) : la législation par ordonnance a mis à l’arrêt jusqu’à l’affaire Benalla les oppositions politiques du parlement, tandis que la méthode des « concertations », nouvel avatar du « dialogue social » que les directions syndicales ont cautionné, quand bien même cela ne leur convenait pas, ont permis au rouleau compresseur macronien de dérouler sans grande anicroche ses contre-réformes.
Si les principales organisations syndicales (CGT, FO, Sud, CFDT, Unsa) doivent se retrouver ce jeudi au local de la CFDT pour discuter avec l’objectif de faire front pour imposer le « dialogue social », à savoir la possibilité de récupérer les « miettes » que Macron n’a pas voulu donner depuis le début du quinquennat, la pression à la base, du moins chez à la CGT, à rejoindre la mobilisation des Gilets Jaunes commence à se faire sentir. Plusieurs syndicats (CGT Lafarge, Sud Rail) ont déjà décidé de rejoindre l’appel de samedi 8 décembre des Gilets Jaunes. Pour beaucoup de militants syndicaux, s’ils sont mobilisés, c’est déjà avec leurs gilets jaunes.
Convaincre les bases syndicales d’écouter leurs directions dans un appel au calme sera d’autant plus compliqué, qu’à trois semaines du début du conflit, Macron se refuse toujours à concéder quoi que ce soit. L’annulation de la hausse des taxes du carburant en 2019 n’arrive pas seulement trop tard du point de vue du développement de la mobilisation : selon le sondage Elabe pour BFM, effectué avant l’annonce de l’annulation de la taxe, 78% des sondés estiment que les mesures annoncées par Edouard Philippe ne répondent pas aux attentes des gilets jaunes. Pas plus que la promesse d’une mise en place de consultations régionales, dont on sait à quel point elles permettent à la Macronie d’écouter « la colère » sans jamais l’entendre.
Du côté de l’opposition politique, principalement du Rassemblement National et de la France Insoumise, la manœuvre est aussi complexe. Marine Le Pen qui n’appelle pas à manifester exige que le gouvernement cède. Tout comme Jean-Luc Mélenchon : « cédez ou partez » a-t-il répondu au premier ministre à l’Assemblée. Si une partie de leur base se mobilisent, le RN comme la FI, attendent surtout une capitalisation dans les urnes et n’ont pas grande prise sur le mouvement. Un appel au calme serait, de leur point de vue, contre-productifs.
La dernière cartouche et l’entrée en scène des militants syndicaux
Le gouvernement joue donc la stratégie de la tension. Et risquerait d’y laisser des plumes. En refusant de céder aux revendications, la seule cartouche qu’il lui reste, c’est bien…. la cartouche et la répression. Avec la mobilisation des gilets jaunes, ce sont les violences policières qui ont été données à voir à tout un nouveau secteur de la population. De plus en plus contestées, elles délégitiment également le pouvoir en place. Si une femme de 80 ans est morte à Marseille, le 1er décembre, sous le coup d’une grenade lacrymogène, il est possible que le gouvernement fasse un saut dans la répression. La violence sociale et politique se transforme de plus en plus dans une forme toujours plus autoritaire contre la majorité de population.
Dans ce contexte social bouillonnant, les bases syndicales et les militants politiques de la gauche doivent frapper le fer tant qu’il est chaud. Notamment au sein de la CGT, dans laquelle la direction continue de temporiser et se refuse à tout appel à la grève générale. Face à cette politique délétère et néfaste pour le mouvement social, les militants syndicaux doivent se lancer dans la bataille, quitte à désobéir à la direction de la centrale, à l’image de la CGT Lafarge. Bloquer la production pour revendiquer des hausses de salaires, l’abrogation des lois travail, l’augmentation des pensions et le sauvetage de la sécurité sociale par la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales, c’est maintenant ou jamais ne qu’il faut le faire. C’est aussi la dernière cartouche des gilets jaunes et de la classe ouvrière pour faire céder Macron et son monde.

http://www.revolutionpermanente.fr/Macron-et-Philippe-en-appelle-a-l-union-sacree-contre-les-gilets-jaunes

vendredi 30 novembre 2018

Dans le Vaucluse, les "foulards rouges" s'organisent contre les gilets jaunes

Un groupe Facebook comptant près de 800 membres vient de voir le jour et entend faire respecter "l'État de droit".

GILETS JAUNES - "Puisque le préfet et les forces de l'ordre ne souhaitent pas faire respecter l'Etat de droit, le mouvement citoyen 'foulards rouges' le fera lui-même, sans violence, mais avec détermination". Voilà ce que promet la page Facebook des "Foulards rouges" créée le 26 novembre à destination des internautes du Vaucluse qui s'opposent aux gilets jaunes. Trois jours après sa création, la page compte 800 membres.
Auprès du Dauphiné libéré, l'un de ses créateurs, John Christophe Werner, explique que l'objectif est de rassembler "les citoyens qui sont pénalisés tous les jours par les méthodes des gilets jaunes". À la manière des ses adversaires sur le réseau social, l'intéressé a également relayé cet appel sur sa page Facebook personnelle (mais publique).


Capture Facebook

Capture d'écran de l'appel de John Christophe Werner
Sur cette page, les internautes ne cachent pas leur exaspération envers les "extrémistes" gilets jaunes et se partagent des informations concernant les blocages routiers observés dans la région. Car c'est bien cela dont il est question dans ce groupe: la liberté de circulation. Témoignages, modes d'actions, blagues potaches... On trouve un peu de tout dans ce groupe qui -paradoxalement- ressemble dans son organisation à celles des gilets jaunes. À ceci près qu'aucune "fake news "n'y a pour l'heure été partagée.

"Toujours sans violence"

"Si les foulards rouges se coordonnent, cela peut parfaitement être faisable de débloquer des ronds-points, à condition d'intervenir au bon moment. N'essayez bien évidemment pas de le faire seul. Toujours sans violence, et si vous sentez que les gilets jaunes pourraient devenir violents, vous repartez, ou restez en retrait, appelez les forces de l'ordre, et reprenez votre intervention en leur présence après leur avoir expliqué ce que vous voulez faire", prévient l'un des administrateurs, en conclusion d'un témoignage d'une tentative de déblocage d'accès à l'autoroute.
"Soyons vigilants, attention à ne pas monter le peuple français les uns contre les autres. Soyons intelligents dans les paroles et les actes", avertit un autre, affichant foulard rouge en photo de profil. En attendant de gagner en visibilité et de savoir quels modes d'actions adopter, des "foulards rouges" imitent les gilets jaunes, en affichant leur couleur sur leur tableau de bord.


jeudi 29 novembre 2018

Livre. Dominique Rocher, réalisateur, sort « Microclimat » une bande dessinée sur la Mayenne

Dominique Rocher est réalisateur de films. Il en prépare un pour 2020, intitulé Solex dans les prés. En même temps, il a créé une BD humoristique sur la Mayenne.


Isabelle et Dominique Rocher, auteurs de la BD.
Isabelle et Dominique Rocher, auteurs de la BD. (©DR)

La BD Microclimat est à peine sortie qu’elle cartonne déjà. Comment a-t-elle vu le jour ? Entretien avec Dominique Rocher.
En quoi consiste votre BD sur la Mayenne ?
Elle s’intitule Microclimat, pluie de gags en Mayenne. Elle est sortie le mardi 23 octobre 2018 dans 35 points de vente.
De quoi parle-t-elle ?
En 64 pages couleurs, Microclimat raconte les aventures et mésaventures de parents et d’un jeune enfant, qui, arrivés de Paris, se retrouvent en Mayenne. Ils sont marqués par la qualité des rapports humains, par la gentillesse des gens, l’entraide, la convivialité, l’aspect chaleureux qu’il y a dans ce département, en comparaison de ce qu’ils ont pu vivre en région Parisienne. Nous avons choisi le titre de Microclimat pour faire référence à cette différence. Il ne s’agit pas de météo, c’est une image, humoristique. Je me suis attaché à recréer par les textes et les dessins l’ambiance Mayennaise.
Première de couverture.
Première de couverture. (©DR)
Qui a écrit cette bande dessinée ? Qui a fait les dessins ?
Je l’ai écrite et dessinée, avec ma femme, Isabelle, pendant 4 ans. En fait, nous avons vécu l’histoire des personnages de la BD, et nous nous en sommes tout simplement servis ! Nous avons sélectionné les meilleurs passages, pour que ce soit le plus drôle possible. J’ai pu mettre à profit mon expérience de réalisateur de film, et de dessinateur, car j’ai déjà créé de petites BD par le passé. Celle-ci est un projet de plus grande ampleur.
Comment avez-vous trouvé le financement pour l’impression du livre, sa diffusion ?
Nous avons eu beaucoup de chance. La société V and B, très implantée en Mayenne, a décidé de le prendre entièrement à sa charge. Ensuite, les fonds collectés par les ventes de la BD aideront au financement d’un film Solex dans les prés, qui sortira en 2020. tout dans cette opération est à but non lucratif. C’est pour l’association baptisée Le Couvoir, qui rend possible ces projets.
Comment sont les premiers retours ?
Ils sont excellents ! Nous en sommes très satisfaits. Nous battons des records dans les séances de dédicaces. Le format BD est facile à lire, et les gags sont courts : une demi-page en général. les histoires sont réparties par thèmes.
Dominique Rocher et la BD Microclimat.
Dominique Rocher et la BD Microclimat. (©DR)
Concernant Microclimat, qu’est ce qui pourrait vous faire le plus plaisir ?
Après lecture de la BD, l’un des acheteurs nous a écrit en nous disant qu’il se reconnaissait totalement dans notre travail, et qu’il reconnaissait aussi la Mayenne. Ce genre de remarque nous fait très plaisir ! Nous aimerions aussi que cette œuvre puisse faire connaître à beaucoup de personne le mode de vie Mayennais, non seulement aux gens d’ici, mais aussi aux autres. Car il est précieux. J’ai le sentiment que la proximité de la nature, des animaux, et même la présence de la religion a agi comme une forme de protection du mode de vie d’ici. Dans ma vie, il n’y pratiquement qu’en Mayenne que j’ai pu voir cette qualité des rapports humains.
Un changement ?
Nous avons encore des gens qui, sans se connaître, prennent cinq ou dix minutes de leur temps pour échanger sur un sujet ou un autre. A Paris, depuis longtemps, on ne voit plus ça… Malgré tout, on commence à sentir un début de changement, avec l’apparition, d’un peu plus de gens stressés, froids, ou distants. C’est dommage. Il faut garder cette chance, cette convivialité. Si Microclimat peut y contribuer, même un peu, j’en serai ravi.
Propos recueillis par Guillaume JEANNE
Bande Dessinée Microclimat, pluie de gags en Mayenne, disponible aux super U de Gorron, de Villaines-la-Juhel, Ernée, à l’intermarché de Lassay-les-Châteaux. Séance de dédicaces samedi 1er décembre, toute la journée, à l’hyper U de Mayenne.

https://actu.fr/pays-de-la-loire/chateau-gontier_53062/livre-dominique-rocher-realisateur-sort-microclimat-une-bande-dessinee-sur-mayenne_19803119.html

Précarité énergétique

L’hiver dernier, 15% de la population a souffert du froid

L'Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONEP) a publié un rapport qui atteste que 15% de la population française aurait souffert du froid durant l'hiver dernier.

Ju Angio
mercredi 28 novembre
Selon la loi Grenelle 2 du 10 juillet 2012 : « Est en situation de précarité énergétique […] une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulaières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ». C’est à partir de cette définition de base que l’ONEP a construit son dernier rapport du 23 novembre dans lequel l’observatoire montre que 15% des Français ont subi le froid lors de l’hiver dernier.
Ce chiffre exorbitant de 15% représente en réalité environ 10 millions de personnes vivant sur le sol Français. Les principales causes de cette vulnérabilité face aux froids hivers sont la mauvaise qualité de l’isolation des logements (Selon 40% des personnes enquêtées) et l’insuffisance des systèmes de chauffage (28%). Ces situations sont éclairantes de la situation de précarité vécue par un grand nombre de français qui, en plus d’avoir du mal à boucler les fins de mois, ont du mal à ne pas mourir de froid. D’autant plus que l’installation de meilleurs isolants ou de systèmes de chauffage plus efficace représentent un coût difficilement supportable pour les classes populaires.
Par ailleurs, le rapport montre que ce sont près de 68% des personnes enquêtés qui déclarent que les dépenses énergétiques sont une source de préoccupation importante dans leur vie. En effet, 11,6% des français dépenseraient plus de 8% de leur revenu dans les dépenses énergétiques. Ces 11,6% faisant partie des classes populaires (30% des ménages les plus pauvres de France), ils sont catégorisés par le rapport de l’ONEP comme étant en situation de précarité énergétique.
D’autre part, le rapport montre que la part des ménages ayant plus de 8% de leur revenu imputé par les dépenses énergétiques auraient diminué depuis 2013 passant de 14,5% à 11,6%. Pour autant, cette baisse est relativisée dans le même rapport car elle serait dû à des conditions météos plus favorables. Cette baisse est aussi relativisé par le fait que les ménages dépenseraient moins pour l’énergie qu’en 2013 du fait d’une précarité économique grandissante (n’atteignant pas les 8% du revenu en dépenses énergétiques, ils ne sont plus présents dans les chiffres. Par contre, ils subissent le froid de plein fouet).
Enfin les personnes enquêtées déclarent que les factures de gaz et d’électricité sont de plus en plus élevées. Entre 2016 et 2018, une augmentation de 10 points de pourcentage des ménages dans une telle situation s’est effectuée passant ainsi de 55% à 65% de la population française.
Ainsi, malgré les discours sur les bienfaits du « chèque énergie » portés par les différents représentants du gouvernement dans cette période de mobilisation contre la vie chère, une grosse partie de la population française souffre du froid. Ce sont une fois encore, les ménages des classes populaires et en situation de précarité qui sont les plus touchés par la cherté de la vie, notamment en ce qui concerne les dépenses énergétiques.

https://www.revolutionpermanente.fr/L-hiver-dernier-15-de-la-population-a-souffert-du-froid