mardi 21 mai 2019

Répression et Extrême-Droite

Pourquoi les policiers votent-ils RN ?

Les forces de l’ordre depuis plusieurs années votent massivement pour la formation d’extrême droite. Explorons ici les raisons de ce soutien massif.
lundi 20 mai
À l’occasion de l’élection présidentielle de 2017, l’IFOP avait réalisé un sondage qui rapportait que 51% des gendarmes allaient voter pour Marine le Pen. Ce chiffre allait dans le même sens d’un ensemble d’autres sondages qui indiquaient la tendance à l’extrême droite dans la police et dans l’armée mais aussi que cette tendance s’accentuait et ce plus fortement que dans le reste de la société.

Comme le montre le syndicat France-Police qui a gagné en renommée à la suite des manifestations de policiers l’an dernier, le discours réactionnaire semble bien ancré chez les forces de l’ordre. Une première raison tient dans la fonction : « force de l’ordre », il s’agit du bras armé de l’Etat dans le travail de répression des classes dominées afin de maintenir l’ordre en place. Effectuer ce travail demande ainsi non seulement une prédisposition aux idées réactionnaires destinées à maintenir la domination de la bourgeoisie et les oppressions qu’elle engendre, mais surtout elle contribue à forger ces mêmes idées chez ces individus. La fonction sociale détermine la conscience.

Le Rassemblement National, du fait de ses positions racistes et sexistes, mais aussi économiques, ne propose rien d’autre qu’un maintien du système actuel par un mélange de rhétorique et de moyens nouveaux. Une chose est ainsi sûre, les politiques néolibérales continuent d’être appliquées dans les pays érigés en "modèles" par Marine le Pen, de la Hongrie à l’Italie, où populisme rime avec néolibéralisme, démontrant toute l’étendue du programme anti-populaire - et donc anti-Gilets jaunes en dernière instance - de l’extrême-droite.

Un autre paramètre à prendre en compte si on veut comprendre le succès du RN dans les rangs des forces de répression est le soutien indéfectible que Marine le Pen et les autres dirigeants frontistes leur ont montré. Qu’il s’agisse des grèves de maton, des manifestations de nuit ou d’interventions télévisées en défense des policiers responsables de « l’affaire Théo », le RN a toujours défendu les policiers et gendarmes et s’est fait l’écho des tendances les plus réactionnaires en leur sein, comme le montre la proximité avec le syndicat France Police-policier en Colère qui a émergé à l’occasion des manifestations nocturnes de policiers de l’an dernier. En effet, un certains nombre des cadres du syndicat s’avèrent avoir figuré sur des listes électorales FN. Cette défense et cette surenchère permettent ainsi au FN de s’affirmer un peu plus comme le parti capable de maintenir l’ordre et de soutenir les policiers dans leur besogne, les soutenant contre les Gilets Jaunes qui manifestent chaque samedi depuis six mois.

Un dernier facteur qui accentue et alimente les deux tendances précédentes vient de l’augmentation continuelle des niveaux de répression depuis le début des années 2010 et le recours accru à la militarisation de l’ordre public, devenu un trait "normal" de l’espace public, conférant aux forces de l’ordre un rôle politique considérable.

Que cela soit contre les migrants à Calais, ou bien pour déloger les ZAD de Notre Dame Des Landes, de Sivens, ou bien face aux manifestants contre la loi travail en 2016, les forces de répressions ont assumé un affrontement toujours plus violent et militarisé qui a trouvé son paroxysme dans la répression du mouvement des gilets jaunes. Ces affrontements conduisent à une radicalisation des policiers et gendarmes toujours plus en faveur de l’ordre qu’ils se chargent de défendre d’une part, excités par la rhétorique belliqueuse non seulement du RN, mais du gouvernement, contre les Gilets Jaunes qualifiés d’ "extrêmistes"

Il en résulte un lien concret entre le RN et la police. Le RN défend l’ordre établi et l’impunité de son bras armé tandis que celui-ci trouve dans le RN un parti qui exalte des valeurs de maintien de l’ordre, de répression et de racisme. Il en résulte concrètement que les policiers et gendarmes soutiennent massivement le RN car ce parti est un ennemi politique des mouvements sociaux (comme les gilets jaunes) qu’ils combattent dans la rue. Un rapport entre le RN et la police qui expose ainsi une limite à la doctrine du « tout sauf Macron ». L’ennemi de mon ennemi n’est pas toujours mon « ami ».

Crédits photo : © Zakaria Abdelkafi Source : AFP

 https://www.revolutionpermanente.fr/Pourquoi-les-policiers-votent-ils-FN

mercredi 8 mai 2019

Gilles Bertin, une vie en sursis (2/2)

La cavale de Didier Ballet

https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/gilles-bertin-une-vie-en-sursis-22-la-cavale-de-didier-ballet

L'incroyable cavale du braqueur punk. Une cavale ouverte le 27 avril 1988, où le chanteur emporta une partie du butin estimé à près de deux millions d'euros.
Gilles Bertin en 2018
Gilles Bertin en 2018 Crédits : Gilles Betin collection privée

Et maintenant, comment vivre dans la société française du XXIe siècle ? Quid de l'idéal des années 80 ? Gilles Bertin sera-t-il une sorte de Jean-Marc Rouillan, l'ancien membre aujourd'hui libre d'Action Directe (et qui n'a rien renié de son engagement) ou un petit père tranquille, qui s'est livré à la justice afin de pouvoir mener une vie normale avec femme et enfants ?
Gilles Bertin
Gilles Bertin Crédits : Gilles Bertin collection privée

2nd épisode : Brink's not dead...

Le 16 novembre 2016, Gilles Bertin traverse à pied la frontière franco-espagnole pour se rendre à Toulouse, vingt-huit ans après l'attaque de la Brink's de Toulouse. Seul son avocat Christian Etelin est au courant de sa reddition. Après avoir monté un magasin de disques au Portugal, tenu un bar à Barcelone et survécu au Sida, l'ex-punk, fatigué de se cacher sous l'identité de Didier Ballet, ne veut plus vivre dans le mensonge et remet son destin, à 57 ans, entre les mains de la justice française...
Avec Gilles Bertin et Marie-Christine Etelin
Merci à Jean-Manuel Escarnot
Un documentaire de Stéphane Bonnefoi réalisé par Delphine Lemer. Mixage : Alain Joubert. Archives INA : Marine Decaens

Pour aller plus loin :

* Gilles Bertin, Pour la gloire ! Robert Laffont (à paraître février 2019)
Albums de Camera Silens :
* Réalité, 1985, Euthanasie Records (réédition 2003)
* Rien qu'en traînant, 1987, Euthanasie Records, (réédition 2003)
Gilles Bertin, enfant du punk bordelais et ex-braqueur de la Brink : portrait et archives vidéos sur le site du journal Sud-Ouest.
Portrait de Gilles Bertin sur le site du photographe militant Ben Art Core.
La cavale..., être et durer : article de Gérard Desmaretz, spécialiste du renseignement, à lire sur Agoravox.
Toute la discographie de Camera Silent est sur le site du label Euthanasie Records.
Camera Silens dans l’Encyclopédie du rock made in France.

Gilles Bertin, une vie en sursis (1/2)

Les années punk, drogue and Brink's

 https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/gilles-bertin-une-vie-en-sursis-12-les-annees-punk-drogue-and-brinks

Eté 1981, trois jeunes bordelais créent un groupe de musique qui rivalise avec Noir Désir. Gilles Bertin est le chanteur et parolier du groupe, son parcours ne sera pas que musical.

Gilles Bertin en 1982
Gilles Bertin en 1982 Crédits : Gilles Bertin Collection privée
C'est dans une « zone » de Bordeaux que le groupe Camera Silens nait.  Le groupe enregistre un album et participe aux Enfants du rock.
Camera Silens hurle la misère de son temps sur un rythme binaire violent. Concerts. Tournées. Défonce. Gilles tâte de la prison.

Groupe Camera silens (Gilles Bertin à gauche)
Groupe Camera silens (Gilles Bertin à gauche) Crédits : Gilles Bertin Collection privée

1er épisode : Les années punk, drogue and Brink's

Au cours de l'été 1981, trois jeunes punks créent Camera Silens dans un squat de Bordeaux. Le groupe rivalise avec Noir Désir, participe aux Enfants du rock puis enregistre un premier album, Réalité, en 1985. Mais les concerts et l'héroïne ne comblent plus le chanteur et parolier du groupe, Gilles Bertin. Après un séjour en prison pour un délit mineur et la rencontre d'anarchistes basques, il décide de passer à la vitesse supérieure...
Nantes, Barcelone... Gilles Bertin multiplie les braquages pour fuir la drogue mais garder son adrénaline. Jusqu'au coup ultime : l'attaque du dépôt de la Brink's de Toulouse le 27 avril 1988.
Comment une bande de musiciens toxicos a t-elle pu réaliser un tel coup ?
Et pourquoi ? "Ils pensaient tous mourir du sida, ils avaient organisé ce casse pour vivre intensément avant de mourir", témoigne aujourd'hui l'avocat de Gilles Bertin. En effet, certains sont morts depuis. D'autres ont été inculpés et seul Gilles a réussi à semer les enquêteurs du côté de Barcelone...
Avec Gilles Bertin et Benoît Destriau (ancien du groupe Camera Silens)
Un documentaire de Stéphane Bonnefoi réalisé par Delphine Lemer ; Mixage Alain Joubert ; Archives INA : Marine Decaens

Pour aller plus loin :

* Gilles Bertin, Trente ans de cavale Robert Laffont (à paraître février 2019)
Albums de Camera Silens :
* Réalité, 1985, Euthanasie Records (réédition 2003)
* Rien qu'en traînant, 1987, Euthanasie Records, (réédition 2003)

vendredi 26 avril 2019

Concert au puits (35)

3 Mai 2019

Capricorn (punk'n'roll) + Lovve (powerviolence) + Like Pigs On Embers (Crust hard core punk)

Le Puits(35) - 20H - prix libre

jeudi 11 avril 2019

Mise à jour !

Nouveautés dans la distro et infos concerts mis à jour !!

A bientôt...